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Au-delà de la réalité : la couleur et la forme comme langage absolu

Parler de Malevitch, c'est parler d'un artiste qui a eu le courage d'abandonner la réalité visible pour entrer dans une autre dimension. Sa peinture ne cherche pas à reproduire la nature, ni à décrire ce que l'œil perçoit. Au contraire, elle cherche à s'affranchir de toute contrainte pour exprimer l'essence la plus pure : la couleur et la forme comme symboles, comme présences autonomes, comme énergie indépendante du monde tangible.

Je ressens là une profonde résonance avec mes propres recherches. Pour moi aussi, la couleur n'est jamais seulement la couleur, la forme n'est jamais seulement la forme : toutes deux deviennent les signes d'un langage intérieur, qui ne décrit pas, mais évoque. Il y a un détachement de la réalité, non pas pour la nier, mais pour ouvrir notre regard à l'invisible, au sens le plus secret des choses.

Malevitch parlait de « suprématisme », mais ce qui me frappe le plus, c'est sa radicalité : le geste d'effacer la réalité pour la recomposer, comme si l'art était une porte vers l'infini. Et dans ce silence de figures reconnaissables, je trouve un écho à mon propre besoin d'aller au-delà, de donner voix à ce qui n'a pas de forme dans le monde, mais existe dans la pensée, la vision, l'âme.

 
 
 

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